Au départ je voulais raconter une belle histoire, mais…Il y a deux jours, alors que la transat Benodet-Martinique est arrivée depuis près d’une semaine, on apprend une bien bizarre nouvelle: “Nicolas Lunven, vainqueur pour 165 secondes, vient d’être pénalisé de 35 minutes par le jury pour avoir embarqué, en plus des 100 litres d’eau réglementaires, une bouteille isotherme. Résultat : le voilà 5e – et Thomas Rouxel premier.
Deux heures avant le départ de la course, le skipper de “Generali” avait été contrôlé par les jaugeurs. Avec 26,2 litres de liquide mobile, il était en infraction et les jaugeurs l’avaient averti. Résultat, Lunven, qui avait devancé Rouxel de 2′ 45”, a écopé d’une pénalité de 35 minutes, soit 1 minute par tranches de 100 milles, pour une longueur de course de 3.474 milles.”

Le "vrai" vainqueur de la Transat
La réaction du principal intéressé ne se fait pas attendre. Déclarations de Nicolas Lunven : « On me reproche d’avoir embarqué une gamelle dont l’utilisation unique est de me faire à manger, c’est une thermos avec un couvercle, on me reproche de pouvoir y mettre de l’eau. Un contenant même vide estconsidéré comme plein. Un bidon avec des piles ne rentre pas dans cette catégorie ! Et il y a trois semaines, j’ai couru et gagné la Solo des Sables dans la même configuration ; j’ai été contrôlé et autorisé par le jaugeur. Entre-temps c’est devenu un contenant liquide. Il y a deux poids et deux mesures, c’est vraiment jouer avec les mots. On me reproche un excèdent d’eau mais la pénalité sort un article qui sanctionne les kilos en trop. On est trois à avoir la même gamelle, les jurés ne se sont pas posé la question. Je vais essayer de me battre (…). Cela vaut le coup pour moi, pour les copains, pour Thomas (Rouxel) qui n’est pas heureux de la situation. Dimanche soir, je me suis enfermé dans ma chambre mais j’ai reçu des messages et des sms des dix premiers. Je ne veux pas ressembler à un tricheur, on sait tous l’investissement qu’on met dans ces bateaux et dans une course. Et on me reproche 1,2 litre. À Bénodet, on m’a demandé de faire descendre une bouteille d’eau d’1,5 litre, pourquoi pas la gamelle si je l’ai embarquée pour tricher ?»
On ne peut contester le travail du jury: le jury se doit d’appliquer un règlement rédigé par la classe et le comité de jauge dont Nicolas Lunven est président. Et ce règlement ne laisse pas de marge de manœuvre dans ce cas précis si on l’applique à la lettre. Car c’est bien l’esprit qui compte ici: il semble bien absurde à tous (marins concurrents de Nicolas Lunven y compris) que ce contenant isotherme ait permis un quelconque matossage et un gain de performance. On ne peut que regretter (et le terme n’est sans doute pas assez fort) qu’une infraction constatée au départ ne soit signifiée qu’après 21 jours. C’est un manque de respect caractérisé du jury vis à vis des skippers, de toutes leurs équipes, des journalistes et de façon plus générale du public. Comment expliquer à un public rebuté par la complexité de ce sport que celui qui est arrivé premier n’est pas en réalité premier. C’est la base de la course au large en monotype…En outre, on peut s’étonner que l’appel de formulé par le skipper de Generali n’ait reçu aucune suite. (même les règles de la classe et de la course prévoient théoriquement qu’il n’est pas possible de faire appel d’une décision du jury)
Qu’on se rassure, Nicolas Lunven reste le vainqueur officieux, les autres skippers n’étaient pas réjouis de gagner de cette façon, et Générali a réalisé un beau coup de com’ en vendant des premières pages de son skipper vainqueur pendant 1 semaine!
Enfin , n’oublions pas qu’Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) et Francisco Lobato (Roff) qui se voient eux aussi pénalisés de 35 minutes sur leur temps de course entre la Bretagne et les Antilles pour les mêmes raisons…
Pour compléter ces infos quelques articles
- http://www.letelegramme.com/sports/voile/transat-benodet-martinique-le-reglement-rien-que-le-reglement-03-05-2011-1289438.php?utm_source=rss_telegramme&utm_medium=rss&utm_campaign=rss&xtor=RSS-44
- http://www.letelegramme.com/sports/voile/transat-benodet-martinique-conclusion-dans-la-confusion-04-05-2011-1290498.php


On se plaint du manque d’écho de la voile dans les médias à grand tirage. Que l’on ne se trompe pas, c’est bien dommage. Mais au fond ne sommes nous pas responsables?

La Barcelona World Race “arrive à maturité” pour reprendre les mots de Vincent Riou. Cette course ,moins médiatisée que le Vendée Globe en France, a pourtant réussi à attirer une bonne partie des 60 pieds IMOCA (aux exceptions notables de Vincent Riou (PRB), Marc Guillemot (Safran) ou encore Mike Golding (Ecover)). On notera aussi que c’est pour cette course que Michel Desjoyaux(Foncia) avait fait construire son nouveau bateau. Si les coureurs suivent, l’engoument du public pourtant n’est pas vraiment là. Pourquoi?

Aujourd’hui, le pot au noir est derrière mais le retard s’est accumulé et il lui reste près de 500milles à rattraper sur les 7 jours qu’il reste. Si on sort la calculatrice cela veut dire qu’il doit reprendre environ 2,85 milles par heure à Idec au moins. Les journées de Francis Joyon sur sa dernière semaine de record tournaient à 450milles de moyenne. L’objectif de Thomas Coville est de réaliser des journées à 525milles de moyenne (soit une vitesse de 22knts en moyenne). Ceci semble hautement improbable. La seule solution qui reste est de mieux négocier le contournement de l’anticyclone des Acores comme Groupama 3 l’a fait l’an dernier en gagnant une précieuse journée sur cette portion du trajet. Thomas était à bord, souhaitons lui la même trajectoire cette année!